Patrouilles des forces armées et sécurité à Bamako: Entre racket et agression physique des populations
Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 30/01/2013
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( Le reporter ) Depuis l’instauration de l’état d’urgence et sa prolongation par l’Assemblée nationale, les forces de sécurité multiplient les actions de contrôle d’identité et surveillance dans la ville de Bamako. Si les populations acceptent sans grande peine ces contrôles et patrouilles, certains policiers s’adonnent cependant à des actes qui n’honorent pas la police.


Vendredi 25 janvier 2013, aux environs de 20 heures, un groupe de jeunes gens (filles et garçons) a été interpellé pour contrôler d’identité au niveau du Commissariat du 1er arrondissement de Bamako. Les policiers, après avoir arrêté leur véhicule, ont procédé au contrôle d’identité des passagers. Au final, ils se sont rendu compte qu’un parmi les jeunes n’avait pas sa carte d’identité. L’intéressé s’est mis à la disposition des policiers en demandant à ses camarades de continuer leur chemin. Il leur a ensuite demandé d’en informer son père. Après leur avoir demandé de tout faire pour lui apporter sa carte d’identité qu’il a oubliée à  la maison.

Entre-temps, les policiers ont continué leur patrouille. Mais à la grande surprise du jeune homme, tous ceux qui n’avaient pas de carte d’identité ont été relâchés  par les agents de police, moyennant chacun 3000 FCFA. Toute chose qui l’a révolté, d’autant qu’il estime que de cette manière, même les bandits pourraient passer en payant 3000 FCFA. Une autre jeune fille a été victime de la même situation, par le fait d’une dizaine de policiers au niveau de l’école Liberté A, non loin du Musée national. Elle était aussi sans pièce d’identité lorsque les policiers l’ont interpellée. Selon elle, les policiers lui ont demandé de payer 3000 FCFA.  «J’ai les preuves et des témoins aussi. Ils disent aux gens de payer 3 000 FCFA pour pouvoir passer», nous a-t-elle confié.  Idem pour cette autre dame qui, accompagnée de ses enfants, revenait d’une cérémonie quand ils se sont vus interpeller par des policiers stationnés au niveau de la Brigade des Mœurs. Excepté un jeune garçon, tout le monde avait ses papiers en règle. Et pour si peu, selon nos sources, les policiers l’ont violenté et même frappé sa mère avant de le conduire à la Brigade des mœurs. Après l’avoir menotté. Ce qui a irrité les personnes qui ont assisté à cette scène, lesquelles estiment que les policiers n’auraient même pas dû porter la main sur le jeune garçon, à plus forte raison le menotter. «Je ne sais pas pourquoi, ils ont frappé sa mère qui n’avait rien en avoir dans cette affaire. Cela nous dépasse», a affirmé un témoin oculaire de la scène.

Quand nous avons cherché à recouper ces informations au niveau de la  Brigade des mœurs, les responsables nous ont fait croire qu’il s’agit de «cas isolés».  En ce qui concerne le racket des policiers en patrouille à Bamako, les responsables de la police expliquent que «ce sont des pratiques à condamner et à sanctionner». Avant d’ajouter qu’il faut que les populations les aident à dénoncer ces pratiques qui ternissent, disent-ils, l’image même du Mali. En tout cas, des journalistes étrangers, qui ont été victimes de ce genre de racket de la part des jeunes policiers, se plaignent. Encore que des militaires s’y sont mêlés depuis un certain temps.

Kassim TRAORE


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