Intervention de l’armée française au Mali : Le président Dioncounda répond à ses détracteurs
Source : Le Republicain : Dernière Mise à jour : 29/01/2013
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Lors du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), dimanche et lundi à Addis Abeba, le Président malien Dioncounda Traoré a réitéré sa reconnaissance aux défenseurs de la cause malienne le long de cette tragédie que son pays traverse. Mais il a aussi apporté une réponse cinglante à ses détracteurs, qui sont restés sans compassion lorsque les mafieux terroristes et narcotrafiquants agissant sous le masque de l’Islam, ont occupé le territoire malien et fait subir des exactions indescriptibles aux enfants du Mali. Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’Islam.
Rappelant la terreur vécue par le peuple malien, Dioncounda Traoré a souligné que le Mali  était arrivé très loin dans l’infortune en 2012. « Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels. Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à un moment où toute la concentration était requise pour sauver le pays. Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 où poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin ». Avec certainement des conséquences désastreuses pour eux : nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi désormais en débandade. Gao et Tombouctou sont quasiment reconquises, selon le Président malien Dioncounda Traoré. Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’Islam.

« Riposte cinglante et massive» et non une croisade. 

Des voix qui se solidarisent de ceux qui se réclament de Dieu mais qui agissent comme Satan, ramènent ce combat pour la liberté, la dignité et la paix à une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense. « Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment où le Mali, pays musulman à 95%, avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ? Qu’on nous dise où étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes ? Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort soit disant pour adultère ? Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an ? ». Telles sont les interrogations du Président d’un pays en crise, d’un pays en guerre, mais un Président qui a le soutien de son peuple, de tous ses musulmans. Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, où étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation ? Où étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram ?, a poursuivi le Président Dioncounda Traoré à la tribune de l’Union africaine (lire discours de Dioncounda en page 7).  « Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à la blessure ! Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes », s’est indigné le Président du pays en crise, à l’heure de la guerre implacable, de la « riposte cinglante et massive ».

« Nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam »

Dioncounda Traoré a précisé : le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, c’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix. Nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue. Nous sommes en guerre pour notre existence. Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme. Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à une terre qui est un creuset de civilisation. « Au contraire, le plus grand tort à l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’Islam, dont les pères sont nés dans l’Islam et qui, pendant des générations successives, ont été pétris aux valeurs, aux vraies valeurs de l’Islam. Car les caveaux de saints démolis à Tombouctou l’ont été au nom de l’Islam ! Car les coups de cravache donnés à Gao l’ont été au nom de l’Islam ! Car les couples lapidés à Kidal l’ont été au nom de l’Islam ! De quel Islam s’agit t-il ? », s’interroge le chef de l’Etat malien. En tout cas, pas celui du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort. Non, l’alliance entre la mauvaise foi et les barres de cocaïne ne saurait être l’Islam, ne saurait être notre Islam. Notre Islam à nous continuera d’être le respect de l’être humain et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang, a souligné le Président malien.

B. Daou





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