MNLA et MIA à la recherche d’une solution politique à la crise: Que peut-on négocier avec le diable ?
Source : L'indicateur du Renouveau : Dernière Mise à jour : 29/01/2013
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Voyant une tragique fin de règne venir, certains aventuriers du mouvement terroriste Ançar Eddine ont, toute honte bue, jugé utile de lâcher leur mentor, Iyad Ag Ghaly en se muant en un mouvement pacifiste dénommé Mouvement islamique de l’Azawad (MIA). Son leader n’est autre que l’ex-député de Kidal, Alghabass Ag Intallah, ex-bras droit du faucon du désert.

Le MIA à l’image du MNLA appelle toujours à négocier. Mais quel atome crochu encore pour ces mouvements terroristes mourants ? En tout cas le Cheikh Chérif Ousmane Madani Haïdara a déjà tranché : un voleur reste un voleur, même s’il change d’habit.

Dans une interview que le Cheikh a accordée à RFI il y a 3 jours de cela, Chérif Ousmane Madani Haïdara disait par rapport à la scission intervenue au sein de l’Ançar Eddine d’Iyad et qui a donné naissance au MIA « qu’un voleur reste un voleur, même s’il change d’habit. Quelque soit son look, il reste un voleur et doit être traité comme tel ».

Le leader du vrai Ançar Dine, est clairvoyant dans son analyse, car, il faut être dingue pour croire encore à la sincérité du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) appelant à une solution politique (c’est-à-dire la négociation) et s’engageant même à combattre ses anciens alliés.

C’est après avoir aperçu le glaive au-dessus de la tête que le fils du vénérable patriarche de Kidal s’est ravisé pour emprunter le chemin de la négociation, la solution politique en se démarquant de l’approche guerrière d’Iyad. Trop tard. Sinon pourquoi n’a-t-il pas agi ainsi depuis que le «raïs du désert» a pris la décision, lourde de conséquences, de poursuivre avec son pseudo-jihadisme vers le Sud ?

Pourquoi n’a-t-il pas déconseillé en son temps son mentor par rapport à la dangerosité d’une telle aventure ? Il est même évident qu’Iyad ne pouvait pas prendre cette décision de façon unilatérale.

Au moins, étant son bras droit et de ce fait chef des délégations d’Ançar Eddine lors du dialogue préliminaire d’Ouga, le sieur Alghabass doit avoir été mis au courant de la décision d’Iyad de poursuivre son jihad vers le Sud du pays. Il fallait donc attendre de voir la suite des évènements avant de tourner la veste. En outre, le MIA s’engage même à combattre ses ex-alliés d’Ançar Eddine, devenu à ses yeux des terroristes.

Alors, si Ançar Eddine est terroriste, il faut convenir que le MIA l’est aussi puisque le second n’est qu’une excroissance du premier. Or, on dit que qui s’assemblent, se ressemblent.

Et s’engager à combattre ses anciens alliés paraît être le comble de la traitrise, parce que même Iyad après avoir été catalogué par le médiateur, Blaise Compaoré, comme fréquentable en son temps, était disposé à tout sauf combattre ses alliés d’Aqmi, estimant qu’il n’était pas sain de la part d’un musulman de trahir son frère jusqu’à retourner l’arme contre lui.

On peut donc trahir son allié d’infortune pour une raison, mais retourner l’épée contre son coreligionnaire paraît être un sacrilège.

Blanc bonnet, bonnet blanc

L’autre visage du porteur du MIA est son penchant pour le saupoudrage. Alghabass Ag Intallah avait fondé il n’y a pas si longtemps, un Réseau de plaidoyer et lobbying pour la paix et le développement des régions du Nord. Aujourd’hui personne ne sait ce que ce réseau est devenu, puisqu’entre-temps l’homme, qui était député, a échangé son macaron contre l’épée d’un soi-disant jihad. Il serait bon que des initiatives soient inscrites dans la durée et non des infanticides à tout bout de champ. Ce n’est pas pour rien que des voix s’étaient élevées pour critiquer la création du réseau en son temps, puisque les objectifs ne prêtaient pas à la sincérité.

L’autre dimension de la question du MIA reste le terme Azawad. Il faut rappeler que ce terme est quasiment banni au Mali, car, évoquant implicitement la scission du pays. Toute chose qui reste un tabou pour les Maliens. Depuis l’indépendance, des rébellions sécessionnistes ont toujours éclaté au nord du pays, mais quelque soit la forme, les régimes respectifs ont toujours réussi à les contrecarrer. La dernière en date, celle du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses ex-alliés d’Ançar Eddine, Aqmi, était en passe d’aboutir à un certain fédéralisme au Mali, sauf qu’à la dernière minute le projet a avorté puisqu’Ançar Eddine, Aqmi, s’étaient par la suite démarquer de l’indépendantisme du MNLA pour prôner l’indivisibilité du pays et l’application de la charia. Ces divergences d’agenda ont finalement amené les islamistes à défaire militairement le MNLA indépendantiste en le renvoyant à une errance sans fin. En son temps beaucoup de Maliens avaient applaudi Iyad quand il s’était élevé contre la division du pays et prétendait étendre sa charia sur toute l’étendue du territoire, parce qu’au moins lui ne voulait pas de la division du pays.

Un tabou nommé Azawad

Mais ce n’est que par la suite que ceux-ci aussi ont été déçus par le «raïs» quand celui-ci était tombé à son tour dans une sorte d’indépendantisme en ramena l’application de sa charia au seul territoire de l’Azawad, qu’il avait réussi à conquérir et qu’il voulait finalement détacher du reste du Mali.

Aujourd’hui Iyad vit tous les malheurs du monde à cause de cette prétention malveillante. On croyait que cela allait servir de leçon aux autres aventuriers. Mais que nenni, puisque Alghabass Ag Intallah, comme dans un baroud d’honneur, est en train de revenir sous un autre look mais avec la même sirène : Mouvement islamique de l’Azawad (MIA). Mouvement certes pacifiste, mais qui revient avec le terme Azawad. Le même terme continue aussi dans le discours du MNLA. Ce mouvement en déperdition, qui n’existe en réalité que dans les médias, veulent une solution politique, qui prévoit une large autonomisation de l’Azawad. Une astuce pour ces vaincus de se relancer dans leur aventure.

C’est dire que blanc bonnet égal bonnet blanc. Dans ces conditions, on se demande ce qui est encore négociable avec ces éternels irrédentistes. Tous ces démons du désert sont à mettre dans le même panier. Et Haïdara a tout à fait raison en indiquant qu’ils sont pareils. Un voleur reste un voleur. Ils peuvent aussi retenir la leçon que l’ex-premier ministre, Cheick Modibo Diarra, leur a enseignée : l’Etat de l’Azawad n’existera jamais. Le Mali indivisible vivra. Inchah Allah.

Abdoulaye Diakité

 

SOURCE: L'Indicateur du Renouveau





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