La Cédéao prête à accorder l'autonomie du Nord-Mali aux rebelles touareg
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 24/11/2012
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Quelle sera la place du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) dans la bataille contre les groupes armés affiliés à al-Qaida qui contrôlent aujourd’hui le Nord-Mali?

«Les fonctionnaires ouest-africains poussent le gouvernement du Mali à offrir aux Touaregs l’autonomie des territoires du nord en échange de leur participation aux combats contre les terroristes liés à al-Qaida» explique ainsile quotidien britannique le Guardian.

La Cédéao (Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest) aurait aussi formulé l’espoir de voir les membres du MNLA convaincre «les membres modérés de l'un des puissants groupes islamistes» (comprenons Ansar Dine) de se joindre à eux dans le combat qui les opposent à Aqmi (al-Qaida au Maghreb Islamique).

Le quotidien britannique estime pourtant que si l'octroi d'une autonomie aux Touaregs dans le Nord-Mali devait avoir lieu, cela pourrait favoriser l’émergence d’autres mouvements séparatistes à différents endroits d’Afrique de l’Ouest, et s’inscrirait dans une rupture par rapport aux revendications touareg formulées depuis l’indépendance de 1960.

«L'autonomie n’est pas exclue. Mais il doit y avoir un accord solide entre toutes les parties. La priorité est de se débarrasser de tous les terroristes qui n'ont pas le droit d'être (dans le nord du Mali). Lorsque cela sera le cas, l'Etat malien pourra déterminer le cadre dans lequel les conditions de l'autonomie pourraient être accordées» a confié au Guardian un fonctionnaire malien engagé dans les négociations.

Des négociations qui risqueront de durer encore longtemps selon le Guardian, estimant que les affrontements entre le MNLA et le Mujao (Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouestproche d’al-Qaida) la semaine dernière ont fragilisé une situation déjà précaire.

Selon l'un des principaux négociateurs pour la Cédéao, une solution à moyen terme est toutefois envisageable:

«L'idée est que, après la libération du nord, le Mali donnera à l'Azawad une certaine autonomie. Le modèle le plus probable est le Niger, où les Touaregs d'Agadez et de Zindar sont semi-autonomes»

Il semble malgré cela complexe de pouvoir distinguer dès à présent la valeur de chaque groupe engagé dans les négociations.

«C'est une question très, très délicate de savoir qui laisser sur le côté. C'est un mariage de convenance pour le moment, car certains groupes intéressants peuvent travailler avec le gouvernement maintenant, mais se retourner contre eux demain» a ainsi expliqué un diplomate africain, lui aussi engagé dans les pourparlers.

La promesse d’une intervention militaire ne débutant pas avant septembre 2013 a en plus alourdi considérablement le contexte de ces négociations.

 

 Source: Slate

 





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