CRISE AU NORD DU MALI: Washington et l'ONU confortent Alger
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 22/11/2012
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Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, avait jugé, dimanche dernier à Ouagadougou, que «le dialogue était inévitable» avec Ansar Eddine.

Plaidant une solution politique au nord du Mali, Romano Prodi, l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahel s'exprimant à l'issue d'une rencontre avec Saâd Eddine El Othmani, ministre des Affaires étrangères marocain, soutient que «tous les experts politiques et militaires sont d'accord pour dire qu'une intervention militaire ne pourrait avoir lieu qu'en septembre 2013.» affirmant que: «ma mission c'est de faire tout pour la paix et éviter la guerre».

Adoptant la même attitude, le ministre des AE marocain prétend que le royaume privilégiait d'abord un règlement politique, soulignant la nécessité d'«épuiser toutes les solutions pacifiques». Pourtant, il y a deux jours, le Maroc était même prêt à envoyer ses troupes pour soutenir la donne d'une intervention militaire, a-t-on rapporté dimanche lors d'un congrès sur le Mali organisé à Tanger.

Qu'est-ce qui a donc changé entre-temps? La France revient à «de meilleurs sentiments» pour avantager le dialogue, le Maroc assoupli «le ton» pour une crise qui ne le concerne pas directement et pour le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, «les choses sont devenues plus claires» maintenant depuis que la solution politique est acceptée par tous comme prioritaire, voire indispensable, au point où le département d'Etat américain appelle aujourd'hui au dialogue politique entre le gouvernement malien et les groupes touareg. Washington semble plus affirmatif après que l'Algérie ait réussi à convaincre les rebelles touareg d'Ansar Eddine à entrer dans le processus du dialogue. Réitérant l'importance des pourparlers auquels avait également appelé Hillary Clinton lors de sa visite à Alger, «ces derniers devraient désormais être structurés entre le gouvernement malien et Ansar Eddine», insiste la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, lors de son briefing quotidien avant d'affirmer: «Les Etats-Unis cherchent l'engagement d'un effort de sensibilisation politique de la part du gouvernement malien pour traiter les revendications des Touareg et dissocier ces derniers des éléments extrémistes».
La conférencière soutient que «la chef de la diplomatie américaine s'était rendue en Algérie afin de travailler avec les autorités algériennes sur la façon dont nous pouvons atténuer les retombées potentielles de la crise malienne et pour d'autres questions aussi essentielles dans ce dossier». Dans ce même contexte, le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, avait jugé, dimanche dernier à Ouagadougou, que «le dialogue était inévitable» avec Ansar Eddine qui a signé son divorce avec la nébuleuse Al Qaîda au Maghreb islamique et le Mujao. De son côté, le Mouvement d'Azawad en guerre contre le Mujao a fait récemment une offre de dialogue avec Bamako pour sortir de la crise.
Ces appels au dialogue interviennent au moment où le Mujao aurait kidnappé, selon des sources très bien informées, un ressortissant européen, la cinquantaine environ, par sept individus armés à Diéma dans la région de Kayès au nord du Mali, proche des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie.

Cet enlèvement, estiment nos sources, est «une incitation confirmée à une intervention militaire». Non seulement, ce groupe déclenche des hostilités violentes avec le Mnla, mais s'engage dans des activités subversives dans un contexte de plus en plus favorable à une sortie pacifique de la crise qui prévaut actuellement au nord du Mali.

La mission de ce groupuscule douteux devient plus clair, «brouiller les» pistes» du fait qu'il concourt avec le déplacement d'une délégation d'Ansar Eddine à Alger rapporte le site Algérie1, citant des sources diplomatiques.

La même source précise que la délégation prévoit un entretien avec des responsables chargés du dossier malien. Il s'agit, a-t-on indiqué, de faire un «ultime tour de question» avant de prendre part à Bamako, dimanche prochain, aux «concertations nationales» organisées par le gouvernement malien durant trois jours.


Par Ikram GHIOUA

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