LES MALIENS SE METTENT ENFIN AU DIALOGUE: Un revers pour les va-t-en guerre
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 21/11/2012
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La diplomatie algérienne remporte le bras de fer contre les interventionnistes.

Les rebelles touareg et militants islamistes enregistrent des avancées significatives vers la paix au nord du Mali, aussi bien au plan sécuritaire que diplomatique.

Au plan politique, ces avancées s'expliquent par le rendez-vous du dialogue fixé pour les 26 et 28 novembre entre les autorités maliennes et les Touareg du Nord pour chercher, ensemble à Bamako, une sortie de crise au chaos qui a suivi le coup d'Etat militaire, du 22 mars à Bamako, contre le président Amadou Toumani Touré.

Outre cet acquis, il y a également le silence et le revirement manifeste des va-t-en guerre au profit du dialogue, en l'occurrence le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra, mais aussi les pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et à leur tête le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne.

Sur un autre chapitre, Alger n'a pas tort, en optant pour les solutions politiques, basées sur le dialogue et les négociations.

«Vouloir reconstituer l'unité du territoire malien par la force est une aventure qui ne pourra jamais réussir, car il s'agit d'engager une confrontation militaire qui risque d'exacerber les tensions dans toute la région», a déclaré, hier, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, avant de mettre en garde contre les conséquences d'une intervention militaire dans le nord du Mali visant à reconquérir cet espace contrôlé par des groupes armés.

Abordant le terrorisme, le ministre a indiqué que la guerre contre les groupes terroristes et les narcotrafiquants, qui est indispensable pour expurger cette zone de toute cette menace, n'en sera que beaucoup plus facile après le règlement définitif de la question politique. S'agissant du dialogue annoncé entre Bamako et le Mnla ainsi qu'Ansar Eddine, M. Ould Kablia a précisé que «ce n'est pas par hasard que le Mnla et Ansar Eddine ont accepté de négocier avec les autorités de Bamako». Notons que la diplomatie algérienne n'a jamais raté une occasion pour réaffirmer sa position de lutter contre les groupes terroristes du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), ainsi que les narcotrafiquants. Et au plan militaire, il est à signaler que les Touareg, affiliés au Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) ont porté un coup fatal au Mujao et Aqmi, depuis l'offensive de «nettoyage des terres d'Azawad» lancée vendredi dernier contre le Mujao et Aqmi.
Une offensive à laquelle se joindront, selon des sources du Mnla, les islamistes d'Ansar Eddine, dirigés par Iyad Ag Ghali, juste après la rencontre de Bamako les 26 et 28 octobre dernier.
A noter que sur le terrain, c'est le Mnla qui semble prendre le dessus, en chassant les islamistes du Mujao. Selon Mossa Ag Attaher, chargé de l'action diplomatique du Mnla, les affrontement ont repris lundi soir avec les groupes terroristes aux alentours de Menaka. Il a ainsi affirmé que «les hordes terroristes ont été chassées de l'ancien camp militaire des parachutistes de l'armée malienne qu'ils ont essayé d'occuper et qu'ils (les terroristes) ont été obligés de se replier dans la zone de Tidjefenes». Moussa Ag Assarid, membre du Conseil transitoire de l'État de l'Azawad (Ctea), a, pour sa part, précisé que «les combattants du Mnla sont dans la ville de Ménaka et que leurs hommes n'avaient pas abandonné la ville, contrairement à la campagne d'intoxication médiatique menée contre leur mouvement». Et de communiquer un bilan des derniers combats datant du 19 novembre afin de couper court aux spéculations et à la désinformation.

Ainsi, il a confirmé que le Mnla avait détruit huit véhicules et avait récupéré deux autres du Mujao et d'Aqmi alors que 10 éléments de ces deux organisations ont été tués.

Et de son côté, le Mnla déclare enfin avoir perdu un combattant et enregistré quatre blessés. C'est dire en conclusion que la solution à la crise malienne appartient aux Maliens, comme l'a bien souligné officiellement l'Algérie.


Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE

 

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