INTERVENTION AU MALI: Les Maliens veulent tout superviser...
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 16/08/2012 (Auteur : )
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Même affaiblie et ridiculisée, l’armée malienne demeure jalouse de sa souveraineté. Ce brin de fierté nationale que ses humiliantes défaites face aux combattants rebelles au nord du pays ne justifient point, l’armée malienne y tient farouchement.

Au risque même d’hypothéquer le déploiement des troupes africaines en charge d’aider à la reconquête des régions septentrionales. Alors qu’on croyait que les différents acteurs impliqués par la question, étaient quasiment sur la même longueur d’onde, les autorités militaires maliennes ont accueilli avec un certain nombre de réserves, le plan d’intervention que les experts militaires de la région, réunis à Bamako le lundi, avaient concocté.

Pour le chef d’Etat-major malien, il n’est surtout pas question que la MICEMA puisse débarquer à Bamako. Et même en ce qui concerne la bataille contre les islamistes qui contrôlent le nord du pays, les militaires maliens ne veulent que les forces étrangères se substituent à eux. D'accord, personne ne "fera la guerre à la place des Maliens", mais... 0:33 16-8-2012

 


Au niveau de la CEDEAO, même si le ton diplomatique ne permet de s’en rendre compte, ces observations ont fait froid dans le dos. On se demande en effet, comment se fait-il que cette armée malienne qui s’est faite voler les 2/3 du territoire, peut-elle exiger quoi que ce soit ? Si on est aujourd’hui à la situation qui prévaut au Mali, c’est très certainement en raison de la déliquescence et du délitement de l’armée malienne. Quand on sollicite l’assistance d’autrui, la décence voudrait qu’on garde la dignité de l'humilité.
En attendant, les nouvelles exigences de l’armée malienne pourraient encore retarder davantage le déploiement de cette force étrangère, que de nombreux observateurs disent indispensable à la libération des zones maliennes sous contrôle islamiste. Car il indispensable que les troupes d’intervention étrangère doivent nécessairement accorder les violons avec l’armée malienne.

Mais au-delà de ce retard, il est possible que l’efficacité même en soit affectée. En effet, de nombreux stratèges militaires estiment qu’au stade actuel, l’armée malienne n’est pas en mesure de diriger la coalition visant à reconquérir le nord du pays. Elle a besoin pour cela d’être restructurée et, si possible, soumise à une certaine formation. Or, selon les responsables de la défense au Mali, il faut que la commande leur revienne tout de suite.

Avec de telles spéculations, c’est tout le processus de transition qui risque d’être remis en cause. Car à la base de la formation exigée du nouveau gouvernement d’union nationale, il y a la nécessité de restaurer la normalité à Bamako, afin de créer les conditions permettant la reconquête du nord.
Vu qu’il est tout simplement inimaginable d’envisager une sortie de crise avec une partie du pays occupée. Que Dieu aide le Mali et les Maliens !

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

 





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