Pour le chef religieux du Mali; le djihadisme est « une création française »
Source : Autres presses : Dernière Mise à jour : 16/12/2015
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Le 12 décembre, le président du Haut Conseil Islamique (HCI), Mahmoud Dicko, a pourfendu la France et ses suppôt maliens. Un coup dur pour le président IBK, soutenu à bout de bras par François Hollande
Le Haut Conseil Islamique (HCIM) avait organisé, samedi 12 décembre 2015 un meeting de sensibilisation à l’endroit de ses militants. Les fidèles sont venus en masse à la grande mosquée de Bamako, comme à chaque manifestation publique de l’Imam Dicko.

Depuis l’attentat terroriste contre un hotel de Bamako, le chef religieux est désormais en guerre ouverte contre contre le procureur général de Bamako, Daniel Tessougué, qui a proposé de raser les barbes. Mais sa vindicte va bien au delà et le propos du chef religieux du Mali, capable d’enflammer les foules, est désormais beaucoup plus radical et inquiétant pour l’avenir du pays. Pour le saint homme, un des rares à encore pouvoir par ses prèches structurer une société malienne au bord de l’implosion, le pays est victime d’un « complot orchestré par l’Occident », dont les « djihadistes » ou « terroristes » sont les complices. La déstabilisation du Mali est également soutenue, à l’en croire, par des responsables maliens qui, après avoir divisé les forces vives de la nation, veulent soumettre le Mali à une « recolonisation ».

Retournement de veste

Ces déclarations de Dicko constituent un formidable retournement. Le chef du Haut Conseil Islamique et l’homme fort du pays avait soutenu l’opération armée « Serval » en 3013 et surtout constitué le principal alllé de l’actuel président IBK, soutenu par ailleurs à bout de bras par la France. cet alliage étrange qui avait vu un chef religieux conservateur qui se réclame du wahabisme saoudien s’allier avec un chef d’Etat membre de l’Internationale socialiste n’est plus.

« Personne ne sait, a encore déclaré Mahmoud Dicko, quand ces forces coloniales quitteront notre pays, s’insurge l’imam.Comment comprendre que ces forces se promènent comme elles le veulent dans tout le Sahel et que nous qui sommes nés là ne puissions pas le faire ? Plus grave, il faut que notre président de la République demande l’autorisation de la MUNISMA ou de la force Barkhane pour se rendre à Gao ou à Tombouctou! ».

Le djihadisme, création française
Selon l’orateur, le « djihadisme », tel qu’on le vit au Mali, est une pure « création des Occidentaux » pour recoloniser notre pays à travers leur présence militaire permanente. « Il ne faut pas qu’ils nous prennent pour des idiots ! « Les acteurs choisis pour conduire la recolonisation de notre pays sont devenus de nos jours les détracteurs des religieux maliens, martèle l’imam Dicko. Ils savent que si les Maliens restent soudés, ils n’arriveront jamais à leurs fins: ils nous divisent donc pour mieux régner. Ils ont créé, dans la foulée, des médias qui, comme RFI, s’en prennent aux gens qui ne font pas l’affaire de l’Occident. Comme ils savent que les dirigeants africains et maliens ne sont plus écoutés par le peuple, ils ont, depuis quelques mois, créé sur RFI des émissions en Bambara pour s’adresser directement aux populations. Croyez-vous que RFI intègrerait le Bambara dans ses programmes pour le seul amour de cette langue? Non! ».
« Un Mali soumis à l’étranger »
Et Dicko d’en rajouter dans son hostilité désormais ouverte à la France, en appelant aux grands ancètres et « sages » du Mali. « La présence des forces internationales dans notre pays, déclare-t-il, ne nous honore pas car ce sont ces mêmes « forces du mal » qui ont été combattues par nos anciens rois et chefs religieux comme Ahmed Baba, Samory Touré, Mohamed Lamine Dramé, Firhoun ou Babemba ».

Le président du HCI poursuit: « Les Maliens doivent comprendre que ces gens ne visent que leurs seuls intérêts et sont décidés à détruire toute personne, chef religieux ou autre, qui se met en travers de leur chemin. Malheureusement, notre pays s’est mis à la disposition de la métropole française dont les quatre volontés sont exécutées! ».
François Hollande et Laurent Fabius qui ne cessent de proclamer qu’ils ont réussi au Mali à organiser une sortie politique après l’intervention militaire de 2913 vont comprendre dans les semaines à venir que leur angélisme n’a plus de réelle prise sur les rélaités politiques maliennes.




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